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Le blog de VALF

La presqu'Ile: poubelle de la CUB? (2007)

Presqu’île d’Ambès et Estuaire: Des territoires fragiles et uniques à sauvegarder

 

Presqu’île d’Ambès : La poubelle de la CUB ?

Vivre Avec Le Fleuve, association environnementale, prend position sur des problèmes aussi sérieux que les risques industriels et d’inondation. En effet si les inondations sont un phénomène naturel, l’activité humaine, notamment l’aménagement du territoire, et le changement climatique en résultant peuvent accroître leur probabilité.

Depuis les années 1960 et la naissance des zones industrielles d’Ambès et de Bassens, la Presqu’île a dû accueillir de nombreux sites industriels, sources de nuisances. Dans cette zone inondable sont implantées 13 usines classées SEVESO, dont 8 sites classés « seuil haut » : stockage de produits pétroliers pour le grand quart sud-ouest de la France, usines d’engrais, usine de traitements des déchets issus des hôpitaux, la liste est longue. Aujourd’hui il est question d’installer un centre de concassage, une aire de stockage et transit de 400.000 milles tonnes de granulats et un centre de maturation de mâchefers (résidus vitrifiés non valorisables des usines d’incinération des ordures et hautement pollués en métaux lourds). Non seulement stocker ce type de produits dans une zone inondable est une aberration. Mais ces  projets seront aussi générateurs d’un important trafic de poids lourds sur la Presqu’île et sur la rocade déjà saturée (le contournement autoroutier ouest, qui ne desservirait que la bande côtière de l’Aquitaine, n’y changerait rien).

A l’heure où tous nos politiques parlent de développement durable et de sauvegarde de la planète, nous constatons une fois encore que les  actes ne suivent pas les paroles. Nous n’acceptons pas cette façon de faire. La Presqu’île d’Ambès ne doit pas être la poubelle de la CUB.

Tous ensemble, nous pouvons faire changer cet état de fait. Une réflexion globale à l’échelle de la Presqu’île doit être menée avec les élus locaux, les associations et la population.

Le pire peut encore être évité !

 

PAB : une menace pour la Presqu’île?

Le développement du port Autonome de Bordeaux (PAB) et des activités industrielles sur la Presqu’île suscitent de grandes inquiétudes. Les zones destinées à recevoir de nouvelles entreprises sont très souvent des zones en bord de Garonne et donc des champs d’expansion des crues vitaux pour les populations. De plus les activités industrielles existantes et les implantations proposées sur la Presqu’île sont uniquement des activités polluantes et génératrices d’un fort trafic routier. On peut comprendre l’intérêt économique pour le PAB de ses partenaires, Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI), CUB, Conseil Général, Conseil Régional, etc…. (ex. : taxe professionnelle pour la CUB). A eux les avantages financiers, à la Presqu’île et ses habitants, toutes les nuisances ! Qu’on nous prouve le contraire en cessant de rogner les champs d’expansion des crues et en valorisant nos grands espaces naturels situés aux portes de Bordeaux ! En conclusion, le manque évident d’intérêt du PAB, du CG, du CR et de la CUB envers les populations de la Presqu’île, nous fait redouter de longues batailles pour sauvegarder notre cadre de vie et ce qui reste du patrimoine naturel local!

 

VALF vous représente dans :

- Les  Comités locaux d’Information et de Concertation (CLIC) pour les 2 bassins industriels d’Ambès et de Bassens. Ces comités constituent un cadre d'échange et d'information entre les différents représentants des structures concernées, sous le contrôle des pouvoirs publics, sur des actions menées par les exploitants des installations classées, en vue de prévenir les risques d'accidents majeurs. Chaque comité met périodiquement à la disposition du public un bilan de ses actions et le thème de ses prochains débats. 

La Commission Locale de l’Eau « CLE » chargée d’élaborer le Schéma d’Aménagement et de Gestion de l’Eau pour l’estuaire de la Gironde (SAGE).    Les objectifs du SAGE sont :

- l’amélioration de la qualité des eaux et des écosystèmes

- la sécurisation des biens et des personnes dans les zones inondables

- la gestion durable des milieux naturels (ex : les zones humides)

- Le Schéma Régional des Infrastructures et du Territoire « SRIT ». Il a pour objectif principal d’établir les grandes orientations en matière de transports en Aquitaine pour l’horizon 2020-2025. Il doit développer une mobilité durable des hommes et des marchandises avec une approche plus globale nettement orientée vers l'intermodalité (fin de la prédominance du transport routier).

- Le Syndicat de Protection contre les Inondations pour la Presqu’île d’Ambés « SPIPA ». Cette entité a pour mission d’assurer la gestion et l’entretien des ouvrages de protection (digues) et du réseau hydraulique.

- Le Conservatoire de l’Estuaire en tant qu’association partenaire.

- Le Collectif Estuaire dont VALF est membre du bureau.

- Le collège des associations de la Presqu’île d’Ambès

- La Coordination Bordeaux Incontournable qui s’oppose au projet de Contournement autoroutier de Bordeaux

Dans toutes ces instances, nous nous attachons à défendre les droits des habitants de la Presqu’île en demandant le strict respect des lois.

 

 

Bilan de l’année 2007 

 

Valf a suivi durant cette année tous les dossiers concernant la Presqu’île d’Ambès et l’Estuaire :

1.           en participant aux enquêtes publiques sur :  

-          l’implantation de nouveaux sites industriels

-          des rejets de déblais en Garonne

-          le dragage du chenal de navigation

2.           en participant à la « CLE » et en prenant position contre de nouvelles extractions de granulats dans l’estuaire qui auraient annoncé la fin de la réintroduction de l’esturgeon et un péril pour l’eau douce que nous consommons en augmentant les risques de salinisation et de pollution au cadmium de la nappe Eocène. La prise de position de la « CLE » a conduit a un arrêté préfectoral en date du 28.02.07 portant refus de la demande d’extraction de granulats dans le chenal  de Saintonge (chenal de l’estuaire).

3.           en participant au combat contre le projet de Contournement Autoroutier de Bordeaux (CAB) en tant que membre du bureau de la Coordination Bordeaux Incontournable. Le tracé passant par la presqu’île est contraire aux exigences du Plan de Prévention des Risques Inondations (PPRI). Il mettrait en danger les populations en cas de crue. Le fuseau 1 traverse les marais de Montferrand et la zone naturelle humide classée NATURA 2000 par l’Europe pour la valeur de sa faune et de sa flore. La Presqu’île et ses 20 000 habitants sont déjà très pénalisés par la présence d’un couloir aérien, d’une autoroute, de la voie ferrée Bordeaux - Nantes, bientôt de la LGV, de lignes à haute tension, et de 13 usines classées SEVESO. Le Contournement ne réglera pas les problèmes de saturation de la rocade bordelaise et ne présente aucun avantage pour la Presqu’île : Selon les services de l’Equipement seuls 7% des camions quittant la Presqu’île l’emprunteraient. La pression exercée par les 110 associations et collectifs d’habitants regroupés au sein de cette coordination, en organisant de nombreuses manifestations, a motivé le changement de position de certains hommes politiques locaux. L’annulation par le tribunal administratif de Bordeaux de la décision de l’Etat du 14.05.04, de faire un contournement par l’ouest suite à la  procédure engagée par les mêmes associations, a porté un coup de frein au projet. Aujourd’hui, après l’appel de l’Etat contre ce jugement, le projet de « CAB » peut resurgir à tout moment. En effet, les services de l’Etat poursuivent les réflexions sur les modalités de réalisation de ce contournement.

4.      En participant au « SRIT » au sein de la Coordination Bordeaux Incontournable et en militant

pour des solutions alternatives au tout routier et une amélioration du réseau existant. Le dossier des  déplacements des marchandises et des hommes en Aquitaine est un chantier énorme. 

Ateliers du SRIT - Les points défendus :

- Il est urgent de faire diminuer significativement le trafic nord - sud des poids lourds étrangers qui traversent notre région, par la mise en service d’une autoroute ferroviaire dédiée au fret, et reliant les Pyrénées aux frontières Belge et Allemande. Il faut anticiper le percement du tunnel ferroviaire de Gibraltar reliant l’Afrique du nord et l’Espagne et qui va faire exploser les échanges entre les deux continents : les marchandises doivent pouvoir traverser la France en restant sur le rail. 

- La saturation de la rocade bordelaise n’est pas une fatalité. Le maillage de toute la  CUB avec des transports en commun en toile d’araignée et non comme aujourd’hui en étoile est une urgence pour faciliter les relations inter banlieues sans obligation d’emprunter la rocade. Le passage entre les 2 rives de la Garonne doit être faciliter avec des franchissements dédiés en priorité aux transports en site propre. Une extension du réseau de tram aux abords des limites communautaires avec la création de grands pôles d’échanges avec les bus transgironde, les bus CUB, le train et le tram… le cadencement de tous les transports en commun et une plage horaire plus grande (6h - 22h), permettraient de soulager la circulation autour de Bordeaux.

- La création de pistes cyclables et de cheminements piétons sécurisés est indispensable sur tout le territoire de la CUB. La Presqu’île est très peu pourvue en infrastructures de ce type et faire une ballade en famille à vélo ou à pied est périlleux.

- Les plans de déplacement des moyennes et grandes entreprises doivent être favorisés.

La concertation semble être une réalité. Le Grenelle de l’environnement a accouché d’une souris. Nous veillerons qu’il n’en soit pas de même pour le SRIT, le chemin est encore long…….

 

 

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