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Le blog de VALF

Historique

VIVRE AVEC LE FLEUVE

Association environnementale de la Presqu’île d’Ambès

 

 

 

 

Naissance et premiers cris

 

A la fin de l’année 1997, plusieurs permis de construire déposés par des habitants de la commune de Saint Louis de Montferrand sont annulés par les services de l’Equipement. En vertu du principe de précaution, l’Etat décide de protéger ainsi les riverains malgré eux contre le risque d’inondation. Cette application  autoritaire de la loi Barnier de 1995 a pour effet de geler toute nouvelle construction dans la Presqu’île d’Ambès, et de déprécier la valeur des bâtiments et propriétés existants.

En réaction à ces décisions administratives et sous l’impulsion de Jean Chazeau, les habitants de Saint Louis de Montferrand décident de se regrouper au sein d’une association de défense dont l’acte de foi est résumé dans cette déclaration d’un de ses pionniers : «  Les habitants de Saint Louis de Montferrand aiment leur fleuve. La Garonne, ils la connaissent bien. Elle est pour eux une source d’émerveillement chaque jour renouvelé. Ils savent vivre avec elle et s’accommodent des quelques contraintes liées à la proximité du fleuve. Mais ils n’acceptent pas que les pouvoirs publics cherchent à faire de la Garonne leur ennemie ».

 

Vivre Avec Le Fleuve (VALF) est ainsi née le 14 mars 1998 lors d’une assemblée constitutive qui rassembla plus de 200 habitants. Jean Chazeau fut son premier président.

 

                En opposition à l’étude technique sur laquelle se fondaient les décisions de l’Etat, l’association entreprit de réaliser des relevés topographiques de la digue et des constats de l’état des ouvrages d’évacuation de l’eau, pour tenter de démontrer aux autorités que l’application à la lettre de la loi était inique, car elle ne prenait pas en compte l’état réel des ouvrages.

 

 

L’inondation de 1999 et ses conséquences

 

                Démarche prémonitoire ? Il faut le croire, car dans la nuit du 27 décembre 1999, la tempête « Lothar » provoquait un débordement du fleuve et semait la désolation sur la Presqu’île, et en particulier à Saint-Louis dont 85% du territoire furent inondés.

La stupéfaction passée, la colère prit le dessus. Certes la situation géographique spécifique de cette commune l’exposait particulièrement au risque d’inondation, mais la digue, seule protection contre les eaux, n’était plus entretenue depuis longtemps et s’était rompue en quatre endroits.

Le 16 février 2000, les membres de « Vivre Avec Le Fleuve », munis de petits seaux de vase, les vidèrent symboliquement sur le seuil de la Préfecture de Région pour protester contre les déversements de vases effectués jour et nuit  par les dragues du Port Autonome de Bordeaux sous les fenêtres des Montferrandais, réalisant ainsi un véritable tremplin pour le débordement du fleuve. Parallèlement, l’association sollicitait du Préfet le droit d’être associée aux travaux d’élaboration du Plan de Prévention du Risque d’Inondation (PPRI) qui fut définitivement adopté en juillet 2004.

                Ayant constaté que l’absence d’alerte lors de la tempête avait été un facteur aggravant des dégâts matériels, « Vivre Avec Le Fleuve » oeuvra pour inciter la commune de Saint Louis de Montferrand à s’équiper d’un système d’alerte automatique des habitants, inspiré du modèle expérimenté à Vaison-la-Romaine. Ce système fut opérationnel en 2003.

 

 

Le SPIPA

 

                En 2001 Gilles Hugon prit les rênes de l’association, qui réalisa le relevé altimétrique de la digue et l’inventaire du réseau hydraulique intérieur, des jalles et des clapets. Ce travail important permit à « Vivre Avec Le Fleuve » d’apporter sa contribution lors de la création du Syndicat de Protection contre les Inondations de la Presqu’île d’Ambès (SPIPA). Ce syndicat intercommunal, financé par les communes, la Communauté Urbaine de Bordeaux (CUB), le Conseil général et l’Etat, acceptait en 2005 qu’un membre de « Vivre Avec Le Fleuve » siège dans deux commissions. Il a entrepris depuis 2006 des travaux de consolidation des digues de la Presqu’île d’Ambès, en particulier là où le travail d’inventaire avait montré des défaillances.

 

 

 

 

 

Nouveaux risques : s’il n’y avait que l’eau

 

                En 2005 sous l’impulsion de sa présidente, Colette Arnaud, « Vivre Avec Le Fleuve » élargit son domaine d’action au risque industriel, lui-même accru par les conséquences potentielles de l’inondation des sites industriels de la Presqu’île. Cette nouvelle position environnementale permet aujourd’hui à « Vivre Avec Le Fleuve » de siéger dans plusieurs instances :

-          le SPPPI ou S3PI (Secrétariat permanent de prévention des pollutions industrielles),

-          les CLIC (Comités locaux d’information et de concertation) d’Ambès et Bassens,

-          la CLE (Commission locale de l’eau), chargée d’élaborer le Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux de l’estuaire de la Gironde (SAGE),

-          Le SRIT (Schéma Régional des Infrastructures de Transport) sous l’égide du Conseil régional d’Aquitaine.

 

 

Nouvelle menace : le grand contournement

               

Le 25 avril 2006, le préfet dévoilait les huit fuseaux du projet de contournement autoroutier de Bordeaux, reconnu d’utilité publique par le gouvernement de M. Raffarin. Très vite, les associations de défense des différentes communes traversées par ces fuseaux (dont deux franchissaient la Presqu’île), créaient une Coordination : « Bordeaux incontournable ». Au plus fort des combats, celle-ci regroupa 120 associations et collectifs d’habitants des deux rives de l’estuaire et de la Presqu’île, dont « Vivre Avec Le Fleuve ».

La présidente de VALF, Colette Arnaud, fut en tant que porte-parole de la Coordination « Bordeaux incontournable », une cheville ouvrière des différentes manifestations, en particulier de l’opération escargot qui bloqua la rocade bordelaise un jour de l’automne 2006. L’action de la Coordination fut déterminante pour faire accepter aux décideurs politiques, initialement tous favorables au funeste projet, la remise en cause de cette autoroute. Elle pesa par son argumentaire sur la décision du Tribunal administratif de Bordeaux qui suspendit  le projet en mars 2007. Le 4 juin 2008, le ministre Jean-Louis Borloo, abandonnait définitivement  le projet.

 

 

Défendre la Presqu’île

               

Ainsi va la vie de l’association « Vivre Avec Le fleuve », qui a désormais vocation à défendre l’ensemble de la Presqu’île d’Ambès contre les agressions environnementales. Une menace chasse l’autre. De nouveaux combats se profilent pour tenter d’épargner à notre territoire les incessantes avanies qu’au nom du progrès et du développement, on veut lui faire subir, mais aussi pour promouvoir avec toutes les bonnes volontés la mise en valeur de son patrimoine naturel et bâti.

 

 

 

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