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Le blog de VALF

Biodiversité

NOUVELLE  MENACE  INVASIVE  EN  AQUITAINE :

Paysandisia archon, papillon ravageur de palmiers

 

Si le monde des insectes est un partenaire vital aux côtés des hommes, en revanche il peut aussi présenter de graves dangers. Bons nombres d’entre eux sont à l’origine de préjudices sérieux sur l’équilibre de la biodiversité, allant même jusqu’à provoquer les destructions massives et définitives de certaines espèces végétales et animales.

En général, les conséquences sont sournoises, car très souvent non perceptibles, à priori. Les premiers signes de contaminations n’interviennent que très tard (plusieurs jours, voire plusieurs mois) après l’incubation, lorsque les dégâts sont irréparables et le sujet (animal et /ou végétal) moribond ; les traitements, qu’ils soient de compositions chimiques ou biologiques, n’agissent plus efficacement, c’est alors l’ascension  irréversible vers la raréfaction progressive des espèces pour finalement en arriver à sa disparition. Parmi les centaines d’insectes dits « ravageurs », on peut en citer  6, présentes à St Louis de Md, dont les origines sont issues de continents différents (Amérique, Asie, Afrique et Australie).

 

C’est précisément le cas de ce beau et grand papillon, nommé Paysandisia archon par les systématiciens du monde scientifique. En réalité, sa beauté cache un esprit ravageur hors du commun : ses larves sont de grandes dévoreuses. Ses cibles favorites sont les « stipes » (faux troncs) des Palmiers avec toutefois de fortes préférences pour les palmiers du genre Phoenix, Trithrinax et Trachycarpus.

 

Issu d’Amérique du Sud, son introduction dans le sud de l’Europe, vraisemblablement d’origine « accidentelle » (!?), a gravement endommagé tous les palmiers du pourtour méditerranéen en les exterminant, pratiquement en totalité. Le périmètre de contamination s’étend de plus en plus en  accentuant son action destructrice dans le Sud-Ouest de la France, notamment dans le bordelais et plus particulièrement sur la Presqu’île d’Ambès. A notre connaissance, la commune de Saint Louis de Montferrand semble actuellement peu touchée par l’invasion, malgré quelques foyers bien identifiés.

Comment stopper (ou ralentir) l’évolution de ce fléau ?  Devant la progression fulgurante de l’invasion, nous tenterons d’apporter des éléments de réponses à 3 questions :

  1. Quel est la biologie de Paysandia Archon ?
  2. Quels sont les signes de sa présence ? (symptômes)
  3. Existe-il des traitements préventifs et curatifs efficaces tout en  préservant l’environnement ?

 

1. Biologie et cycle de vie de Paysandia Archon ?

Actuellement, la recherche scientifique n’a toujours pas formellement établi de liens biologiques entre Paysandia archon et certains palmiers dont le plus « attaqué » est le Phoenis dactylifera.

Néanmoins, il est important de connaître, très succinctement, le cycle de vie de ce ravageur, son comportement, ses caractéristiques morphologiques, et les dommages qu'il génère. Il sera, alors,  possible d’agir dans de bonnes conditions pour neutraliser ou, du moins, pour limiter sa dangereuse prolifération. Globalement, ce papillon se reproduit selon les stades classiques du développement de l’ensemble des papillons, c’est-à-dire :

PAPILLON -> IMAGO(*) -> ŒUFS -> LARVES -> CHRYSALIDES

(*) Imago : Forme définitive de l'insecte adulte sexué, ou « insecte parfait ».

2. Quel sont les signes de sa présence (symptômes)

Les premiers symptômes visibles apparaissent plusieurs mois après la pénétration des chenilles dans le haut du stipe, juste sous la couronne des palmes vertes.

Lorsque plusieurs chenilles ont occupé le stipe, il s’ensuit généralement une mort du sujet dans les 3 à 4 années qui suivent (2). Certains palmiers peuvent ne présenter que des symptômes foliaires sans suite si la larve a disparu.

Avant toute, une inspection attentive et régulière s’impose : si le sujet est infecté, certains  symptômes apparaissent nettement et le diagnostic est sans appel. Il est alors nécessaire d’élaborer une stratégie de lutte sur la base d’un traitement curatif adéquat.

3. Existe-il des traitements préventifs et/ou curatifs efficaces tout en  préservant l’environnement ?

Actuellement, les stratégies de luttes contre la ponte du Paysandisia archon sont assez imprécises, voire même difficilement réalisables par les particuliers. 

Toutefois, on peut dénombrer 4 méthodes distinctes :

  • Lutte chimique : (insecticides - pesticides).

Devant l’évidence de la maladie, la première réaction est de se procurer un insecticide du commerce qui soit, parait-il, efficace, selon les conseils publicitaires du vendeur de la jardinerie « du coin de la rue ». Pourquoi pas ! Mais, après avoir interrogé bon nombres d’utilisateurs, ces insecticides miracles semblent peu, voire pas du tout convaincants, avec, en revanche, le risque évident d’avoir porté préjudice aux habitats biologiques proches, éléments de base fondamentaux de la chaîne alimentaire (chaîne trophique). 

Attention : Le produit nommé Imidaclopride© est un pesticide « systémique » puissant de la famille des « néonicotinoïdes » et ne peut être utilisé que sous réserve d'autorisations.  

  • Lutte biologique (prédateurs, parasites) et pathogènes (nématodes, champignons, bactéries et virus).

Avant d’agir au moyen d’une lutte biologique, il est fortement conseillé de demander conseils en s’adressant à des services compétents (pépiniéristes, horticulteurs…)

  1. Des pulvérisations d'insecticides biologiques à partir de Beauveria bassiana, un champignon qui s'attaque au système interne des larves, seront bénéfiques. En cas d'attaque avérée, il est possible de les coupler avec des pulvérisations de nématodes (Steinernema carpocapsae), des vers microscopiques qui s'attaquent eux aussi directement aux larves mais qui ne survivront pas à leurs hôtes, il sera donc nécessaire de pulvériser souvent.
  2. En traitement préventif : pose de pièges à phéromones. Agit comme un répulsif et perturbe la ponte de la femelle Paysandisia archon. Ainsi, le palmier sera protégé pendant la période d’accouplement et de ponte.

En traitement curatif : application de nématodes. Ce sont des vers microscopiques qui parasitent la larve du papillon du palmier. Dilués dans l’eau, (plusieurs milliards), ils seront appliqués sur la couronne du palmier pour se fixer sur la chenille et bloquer son alimentation. La chenille mourra alors de faim.

 

  • Lutte par barrière physique (glu et ensachage).

Cette méthode semble être la technique la plus facilement réalisable par les particuliers

  • Utilisation de la Glu : Il s’agit d’entourer la glu, en rubans successifs, à intervalles réguliers, tout autour du 1/3 supérieur du stipe empêchant ainsi le papillon d’accéder à la couronne.  
  • Ensachage de la couronne : Cette technique ne peut être envisagée avec succès que chez les sujets jeunes, bien avant que le papillon ait agi.
  • Traitements préventifs

L’utilisation du savon noir est une action simple, peu couteuse donc intéressante, sous réserve de procéder à une pulvérisation régulière (concentration de 5 %, 2 fois par semaine de mars à octobre). Parmi les autres suggestions, on peut citer les pièges, les insecticides spécifiques, la glu, l’ensachage, et la destruction par le feu des palmiers morts.

A l’exception du savon noir,

les traitements doivent s’effectuer

entre mi-mai et septembre

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ATTENTION

la réglementation évolue régulièrement.
La liste des spécialités commerciales destinées à être utilisée

pour lutter contre le Paysandisia Archon sont disponibles

à l'adresse Internet suivante :

agriculture.gouv.fr/e-phy-le-nouveau-catalogue-en-ligne-des-produits...

 

Glossaire

chaîne trophique : ensemble de chaînes alimentaires reliées entre elles au sein d'un écosystème.

nématodes : Les nématodes sont des vers ronds non segmentés.

pesticide  systémique : Un pesticide systémique est un pesticide qui est absorbé dans une plante et distribué dans ses tissus, atteignant la tige, les feuilles, les racines et tous les fruits ou fleurs de la plante.

phéromone : C’est une substance chimique comparable aux hormones, émise par la plupart des animaux et certains végétaux, et qui agit comme un message entre les individus d'une même espèce.

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