22 Février 2009
Article Sud Ouest du Mercredi 9 avril 2008
Un fleuve surveillé
| :Dominique Andrieux |
« Nous avons toujours essayé d'être constructifs et je pense pouvoir dire que notre sérieux est reconnu, que nous représentons une certaine légitimité ». Colette Arnaud, la présidente, mesure ainsi le chemin parcouru en dix ans d'existence de « Vivre avec le fleuve ».
Cette association créée à l'initiative de Jean Chazeau a son siège à Saint-Louis-de-Montferand mais son impact est élargi au public de la Presqu'île d'Ambès. Le nombre d'adhérents se maintient à 120. Ils ont la particularité de se renouveler d'une année sur l'autre de sorte que Vivre avec le fleuve ait une audience auprès de 300 personnes.
La vocation de l'association a évolué par la force des choses et de la nature. À l'origine, ses fondateurs se mobilisèrent pour combattre la loi Barnier, « son côté trop restrictif qui bloquait les possibilités de construction et entraînait une baisse de la valeur des maisons. » La présidente poursuit : « Hélas, la tempête de décembre 1999 qui a touché 85 % du territoire de Saint-Louis, a donné raison à cette loi. » Les dirigeants changeaient d'optique en se consacrant à la lutte contre les inondations. « L'association a œuvré pour la création du SPIPA (1) parce qu'il était indispensable de travailler de manière cohérente avec l'ensemble des communes de la Presqu'île », rappelle Mme Arnaud qui rejoint l'association en 2000.
Les remblais sous surveillance. La satisfaction de voir un SPIPA actif est quelque peu tempérée par « les dettes de l'État » à propos du financement des travaux. Vivre avec le fleuve, ayant fait ses preuves dans ce syndicat, s'est trouvée invitée à siéger dans diverses instances telles la commission locale de l'eau qui travaille sur le schéma d'aménagement et de gestion de l'eau pour l'estuaire, le comité local d'information et de concertation de Bassens et celui d'Ambès, plus récent. L'association qui avait marqué une farouche hostilité au projet de grand contournement routier est présente dans le schéma régional d'infrastructures des transports et participera prochainement à la révision du schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme.
Toutes ces participations font que Vivre avec le fleuve est bien informée des problèmes et des projets sur le territoire de la Presqu'île. Présidente depuis trois ans, Colette Arnaud et ses collègues sont particulièrement vigilants sur le risque d'inondation qu'il relie au risque industriel, « dans le secteur où est concentré en France le plus grand nombre de sites classés Seveso. » Un deuxième point d'« inquiétude » porte sur « l'installation d'industries en zone inondable. » L'association dit « craindre un développement pas très réfléchi. » Elle pointe en particulier « l'apport de remblai dans un milieu naturel qui réduit d'autant les champs d'expansion des crues. »
(1) Syndicat mixte de protection des inondations de la Presqu'île d'Ambès