29 Mars 2009
Saint Louis de Montferrand le 15 mars 2009
Objet : Enquête publique CEREXAGRI
Monsieur le Commissaire enquêteur,
L'association « Vivre Avec Le Fleuve » fondée en 1998, a pour but de défendre les intérêts des habitants de la Presqu'île d'Ambès contre les risques environnementaux, les risques d'inondations et industriels, les pollutions et toutes les agressions menaçant ce territoire. L'association milite pour le respect de l'environnement et œuvre pour la sauvegarde et la mise en valeur de la Presqu'île d'Ambès et en particulier de ses zones humides et de celles soumises aux risques d'inondations.
De fait, l’association « Vivre Avec Le fleuve » suit de près les dossiers concernant les sites industriels d'Ambès et de Bassens.
Le projet de CEREXAGRI S.A de doubler sa production de produits phytosanitaires à Bassens en y introduisant la fabrication de pesticides organophosphorés à base de METHYLE PARATHION, dont l’utilisation est interdite en France et en Europe depuis 2003, est intolérable. Le METHYLE PARATHION est un dérivé d’un gaz de guerre découvert en Allemagne en 1940. Les pesticides organophosphorés dont les neurotoxines s'attaquant au système nerveux sont extrêmement dangereux. Ce site industriel est entouré par d'autres installations classées SEVESO. Des habitations sont situées à moins de 50m et des écoles maternelles et primaires à 2 km à peine. De plus la voie ferrée Bordeaux – Nantes passe à proximité. Un accident dans cette zone avec un « effet de dominos » serait dramatique.
Est-il normal de fabriquer, de transformer ou de conditionner en France des produits dont on a interdit l’usage sur le territoire européen?
Les risques potentiels liés au transport de matière dangereuse que le METHYLE PARATHION concentré venant depuis le Danemark et traversant des zones habitées sur tout le territoire français ne doivent pas être négligés. Plus localement, c’est ainsi 2000 camions qui traversent la Presqu’île chaque jour, chargés des produits les plus dangereux qui soient. Cette dangerosité est liée au risque de fuite, d’explosion ou d’incendie en cas d’accident ou de collision, sur nos routes, sur la rocade ou dans la traversée de nos villages.
Que se passerait-il en cas d’accident entre un camion transportant du GAZ et un camion transportant de METHYL PARATHION ? Une telle catastrophe serait susceptible d’effacer toute vie à plus de 800 mètres à la ronde, sans oublier «l’effet dominos» si l’accident se produisait à proximité d’un réservoir ou d’un site présentant lui-même un risque spécifique (217 morts en Espagne en 1978 à la suite de l’explosion d’un seul camion de gaz liquéfié… sans la présence de produits toxiques en plus !
Enfin s’ajouterait le risque de pollution résiduelle des eaux ou des sols.
L’information des riverains est inexistante et les mesures de prévention sont difficiles à mettre en place du fait du caractère aléatoire du transport routier. Les industriels qui chargent les camions ne sont pas responsables du risque lié au transport.
Systématiquement, un chantage à l’emploi est fait dans ce genre d’affaire. Cette nouvelle activité sera seulement créatrice de 2 à 3 emplois ! La pérennité d’une entreprise de produits phytosanitaires aussi dangereuse que CEREXAGRI, mérite t-elle la mise en danger de milliers d’habitants?
Nous considérons qu’un juste équilibre doit être recherché dans la cohabitation entre habitants et entreprises. Malheureusement, le projet de CEREXAGRI prouve pour l’instant le contraire.
Compte tenu de tous les risques qu’il génèrerait, directement et indirectement, pour les populations et l’environnement, l'association « Vivre Avec Le Fleuve » tient à exprimer sa vive opposition à ce projet.
Pour le bureau, la Présidente,
Colette ARNAUD