Overblog Tous les blogs Top blogs Environnement & Bio
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le blog de VALF
Publicité

Pourquoi VALF dit NON au CAB (dec07)

 

 

Pourquoi « Vivre Avec Le Fleuve » membre de  la Coordination Bordeaux Incontournable dit NON au projet de Contournement Autoroutier de Bordeaux ?

 

Au-delà des intérêts personnels ou corporatistes, plusieurs questions méritent d’être posées. Celle qui a été évacuée après un débat public interrompu en décembre 2003 dans l’illégalité par le gouvernement (un contournement autoroutier est-il opportun ?) reste d’actualité, surtout dans un contexte d’envolée du prix du pétrole.

 

 

Le 14 mai 2004, l’état informe que le contournement passera par l’ouest.

Pourquoi la Communauté urbaine, le Conseil général de la Gironde et le Conseil régional d’aquitaine ont-il choisi un contournement par l’ouest ?

 

 

Le projet proposé ne tient pas compte des déplacements urbains et ne réglera en rien la saturation de la rocade. Confirmation est faîte par la DRE dans le cahier n°2 de l’étude préliminaire. Les tracés sur  la presqu’île d’Ambés ne permettent pas de capter le flux des camions qui saturent les nationales N10 et N173.

L'objectif affiché est de créer un axe Nord - sud pour le transit européen des poids lourds. Un tel projet n’a aucun intérêt pour les girondins. De plus il est quasiment impossible d’obliger les camions à emprunter un axe plus long et de surcroît payant. Aucune loi européenne ne peut les y contraindre, au nom de la libre circulation des personnes et des biens.

Est-il judicieux de miser sur la montée en puissance du trafic routier et sur la pratique des dessertes à flux tendus? N’existe-t-il pas d’autres solutions que le tout camion ? . Aucune étude conjointe de transports par le rail, fluvial ou maritime n'a été faite, seul le transport par la route a droit de citer, les autres ne sont pas pris en considération. Quelle place doit-on donner aux solutions alternatives? (ferroutage, cabotage).

Utilisons déjà les infrastructures existantes et optimisons les avant de nous lancer dans un projet pharaonique. La rocade à 2 fois 3 voies aurait dû être une priorité depuis longtemps par exemple.

La Construction  de plusieurs ponts urbains afin de faciliter le passage d’une rive à l’autre aurait certainement amélioré le trafic sur les 4 ponts existants à ce jour.

 

Pourquoi la France ne créerait-elle pas une contribution pour les poids lourds comme l’a fait la Suisse avec la RPLP (Redevance Poids Lourds liée aux Prestations). Les résultats sont très encourageants avec une diminution de prés de 18% du trafic des camions sur les routes helvétiques!

 

Désenclaver le médoc avec un contournement situé à 5kilométres de la rocade, certainement pas.  Il est illusoire de croire que ce projet limitera l’étalement urbain, un rempart n’empêchera pas les promoteurs de construire à l’extérieur. Il est à craindre que pour satisfaire les intérêts locaux, les zones d’activités et d’urbanisation le long des axes de sortie échappent à toute maîtrise!

 

 

Localement, les nuisances et les dangers au niveau de la presqu’île d’Ambès d’un tel projet sont  énormes.

 

Des travaux aussi importants que la construction d’un viaduc de 15 kilomètres entraîneront inéluctablement des  dégâts irréversibles dans les marais. La sauvegarde de l’équilibre fragile des marais de Montferrand est primordiale, pour sa faune et sa flore exceptionnelles de part sa situation géographique très particulière et unique. Ce chantier est contraire au principe de préservations des espaces naturels de première importance classés en ZNIEFF, ZICO et zones NATURA 2000.

 Ses sols si particuliers, faits  de dépôts alluvionnaires venant de la Dordogne, de la Garonne et de la Gironde en font un site rare, ses tourbières sont une richesse à préserver.

 

Beaucoup plus grave serait la modification des champs d’expansion des crues, indispensables pour la ville de Bordeaux et les communes situées de part et d’autre des marais, la marée tempête de 1999 ayant pourtant démontrée  l’utilité de ces marais et les conséquences graves d'une route qui fait barrage. Les sites industriels classés SEVESO situés en zones inondables se trouveraient ainsi fragilisés.

 

Les problèmes environnementaux doivent êtres pris en compte à leur juste valeur. Les besoins de matériaux, du type granulats imposeront la création de gravières immenses, incompatibles avec l’hydrologie de ce secteur et  entraîneraient une modification des nappes phréatiques. Les pollutions sonores et visuelles seront ici encore plus importantes du fait de la topographie des lieux, résonances accentuées par les plans d’eau des marais, une autoroute culminant à plus de 50 mètres sur 15 km ne passe pas inaperçue pour les habitants des lotissements à proximité.

Des habitations classées  monuments historiques sont également très proches (château Peyronnet, château Peychaud). La réalisation du contournement en paysage découvert induira des modifications micro - climatiques telle que la modification des couloirs de vent et l’accentuation des zones orageuses entre autre, la liste n’est pas exhaustive.

  Ne pas oublier les pollutions dues aux rejets de co2 dans une zone de marais  soumise à d’épais brouillards et les fines particules toxiques et polluantes qui se disperseront dans l’atmosphère des communes environnantes provoqueront une augmentation significative des maladies respiratoires, tant chez les enfants que chez les personnes âgées ou fragiles. Augmentation des gaz à effet de serre malgré l’engagement de la France à diminuer ses rejets par la signature en novembre 1997 du protocole de Kyoto ! De ce point de vue, valider un tel projet constitue un énorme contresens. 

La destruction d’un cadre de vie et ses conséquences psychologiques seront très importantes dans ce cadre propice aux activités de plein air. Ce poumon vert proche des centres urbains, est une chance pour les enfants des écoles, nombreux chaque année à venir découvrir ces marais. L’équilibre fragile de ce site écologique d’exception a besoin d’être protégé et n’a pas besoin d’être encore malmené

. Enfin, s’agissant d’une presqu’île, c’est certainement l’endroit où les nuisances liées à la construction de l’ouvrage seraient les plus fortes et où le coût serait le plus élevé. Financé par qui ?

 

S’il est facile de chiffrer le coût de l’infrastructure autoroutière, la valeur environnementale et patrimoniale est plus difficile à estimer. 

 

 

Cette zone collabore déjà grandement au développement de la région avec 3 ponts, une autoroute, une nationale, des lignes à haute tension, des couloirs aériens, 1 axe ferroviaire bientôt 2, et cumule des particularités à prendre en compte: présence d’usines SEVESO de surcroît en zones inondables.

 

-          La presqu’île, zone d’habitation de près de 20.000 habitants, serait transformée en une gigantesque zone de transit. Avec pour seule consolation pour les habitants la vue d’un mur de camions. Et tout cela pour quel bénéfice? Aucun avantage n’est présenté et ne peut l’être au passage d’une autoroute pour les habitants de la presqu’île d’Ambés qui est déjà bien desservie. Dernièrement, certains élus et responsables du secteur socio-économique ont osé proposer une desserte de la presqu’île avec un échangeur.   L’étude préliminaire démontre pourtant l’inutilité d’un tel accès.  Alors que 8400 poids lourds sont observés aujourd’hui sur les différents accès de la presqu’île, seulement 600 poids lourds seraient susceptibles d’emprunter l’échangeur du contournement à péage en 2020,  ce qui représentera  7% du trafic actuel…… Les échanges se feront principalement par l’A10 existante.

 

Comment la chambre de commerce de Bordeaux, le port autonome de Bordeaux et les élus, membres du conseil d’administration du port peuvent-ils justifier et expliquer cette décision illogique et incompréhensible? Alors que  des vies humaines pourraient être mises en jeu après la modification de l'écoulement des eaux de crues sur la presqu'île, proposer que le contournement autoroutier passe par le cœur de la presqu’île est inconscient et criminel à plus d’un titre.

 

 

 

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article