7 Mars 2010
Il est urgent de réagir et d’envisager enfin dans leur ensemble les problèmes liés à l’inondation récurrente de notre secteur. Ce dimanche 28 février rappelle de funestes souvenirs à bon nombre de Presqu’îliens et d’habitants de St Louis de Montferrand une fois de plus durement touchés !
Cette dernière inondation (qui sera suivie d’autres épisodes, n’en doutons pas!) démontre, s’il en était encore besoin, que les mesures prises pour prévenir les risques sont insuffisantes à Saint Louis de Montferrand et sur l’ensemble de la Presqu’île d’Ambès. Car si la submersion des zones inondables est un phénomène par nature inévitable par aléa fort, du moins y a-t-il beaucoup à faire pour en atténuer les conséquences pour chacun .
- Le système d’alerte par l’appel téléphonique automatisé représente à n’en pas douter un point clé dans la prévention. Mais si l’on veut le rendre fiable et performant, il doit être mieux expliqué aux habitants concernés, toucher la totalité de la population, et s’accompagner de procédures qui restent encore à mettre en œuvre à St Louis, 10 ans après 1999. Des fichiers différents devraient être établis selon le niveau de risque (habitants situés en première ligne, zone rouge ou ensemble des habitants). Le nombre restreint des inscrits, l’insuffisance d’information sur les modalités du message d’alerte téléphonique, et le contenu très peu informatif de ce message ont singulièrement amoindri sa portée le 27 février à St Louis. L’information par tract comme cela fut le cas le 29 mars est certainement à associer systématiquement à l’alerte téléphonique. Un système d’alerte devrait également être mis en place à St Vincent de Paul, où une digue a été rompue.
- Nos élus, devraient pouvoir être secondés par des volontaires dans la gestion de la crise avant et après l’inondation. Vivre Avec Le Fleuve a proposé ses services et a souhaité participer à la cellule de crise, dans le seul but de prévenir et d’aider les populations. Nous demandons la mise en place d’un plan d’actions au niveau de la commune, faisant l’objet d’une réflexion conjointe entre les élus responsables et ceux d’entre nous qui ont aussi une compétence et une connaissance de terrain. La clef de la réussite de ce projet passe forcément par là ! Le retour d’expérience prouve que la création de réseaux de quartiers organisés pour l’entraide que nous avions proposés en 2003 est souhaitable. Cette organisation doit être transposée dans chacune des communes concernées par le risque inondation sur la Presqu’île.
- S’agissant du problème capital de l’évacuation des eaux, le réseau hydraulique a de nouveau montré ses limites et doit être l’objet d’améliorations.
Le SDIS a eu les plus grandes difficultés à vider la première cuvette situé entre la digue et le CD10 à St Louis, là où la plupart des maisons baignaient dans plus d’un mètre d’eau. Cette bataille ne fut gagnée qu’au bout de deux jours, grâce à la mise en batterie de grosses unités de pompage mobile. Cette situation avait déjà été constatée en 1996 et en 1999 et les mêmes moyens de fortune avaient été déployés.
- L’Etat a décidé le lancement d’un plan digue, mais tiendra t-il ses engagements?
Aujourd’hui, le SPIPA (Syndicat de la Protection des Inondations de la Presqu’île d’Ambès) en carence de financement après le désengagement financier de l’Etat, ne peut mener efficacement sa mission. Trente-deux kilomètres de digues vieillissantes sont entretenus avec les moyens du bord par le syndicat. Cet ouvrage malmené à plusieurs reprises depuis sa construction dans la fin des années cinquante, mériterait d’être totalement refait et intégré en priorité dans le plan lancé par l’Etat. En effet, outre les populations, la digue contribue également à la protection de nombreuses usines, dont certaines sont classées SEVESO seuil haut.
Dès à présent il est impératif de faire pression auprès des pouvoirs publics dans cette période propice pour que ce secteur soit pris en compte en priorité.
Les habitants de Saint Louis de Montferrand et de la Presqu’île d’Ambès demandent qu’enfin des mesures concrètes soient mises en œuvre pour lutter efficacement contre les conséquences de ces inondations à répétition. Le développement de nos communes ne pourra s’imaginer qu’à ce prix.